Le sel de mer vendéen

Stéphane Guichen

Beauvoir-sur-mer (85230)

« Pour moi un marais n’est pas un lieu de production, c’est un corps, un organisme vivant »

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C’est à Beauvoir-sur-Mer que Stéphane Guichen vit au rythme des saisons, dans une salorge sans électricité, en communion avec la nature. Stéphane est saunier.
En 2002, après un voyage en Afrique, il s’installe en Vendée et restaure la soixantaine d’œillets qui composent le marais de la Galopinière. qu’il refait à l’identique de ce qui se faisait traditionnellement. Ce sont de grands œillets de pratiquement 6 sur 10 mètres, bien plus grands que ceux de l’île de Ré. Ils nécessitent une grande perche.

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Il en va du sel comme de tous les autres produits de la terre et de la mer, tous ne se valent pas. Celui de Stéphane, récolté avec amour, est d’une grande qualité. Il suffit de le voir caresser délicatement la surface du marais avec sa longue perche pour s’en convaincre.

La fleur de sel est d’une grande finesse et tout comme le sel gris, bien sèche. Le sel contient de très nombreux oligo-éléments excellents pour la santé.

Voici des vues macro des cristaux du sel de Stéphane.

« Le transport à la voile c’est ramener du temps et de l’espace dans le commerce et la relation humaine. »

Stéphane commercialise son sel dans sa boutique Ty an Holen située à Morlaix. Il vend aussi à des AMAP parisiennes. Sa production d’une dizaine de tonnes de sel par an est entièrement bio. Il l’agrémente de plantes aromatiques de son jardin.

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Notre saunier porte une attention particulière au moyen de transport de son sel. Fatigué de passer du temps en voiture pour acheminer sa production de Beauvoir-sur-Mer à Morlaix, il eut l’idée de faire voyager son sel, comme cela s’était toujours fait, par bateau. Pourtant préférer le fret à la voile à la route a un prix car le transport à la voile est quatre fois plus onéreux : 10 centimes d’euros par kilomètre pour un kilo de sel par la route contre 40 centimes d’euros par la mer. Mais il s’agit pour Stéphane de réduire l‘empreinte carbone du transport de marchandises, et c’est un choix éthique conforme à son choix de vie.

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De même, pour livrer ses AMAP parisiennes, il trouve un voyageur de passage à Morlaix qui accepte de nous apporter le sel au mois de mai. En automne, à la morte saison, Stéphane vient « en chair et en os » rencontrer les amapiens et en profite pour faire du covoiturage.

Mai 2018-Des nouvelles du marais : « Il est tombé tellement de pluie et de neige cet hiver que la Loire a dilué l’eau de la Baie de Bourgneuf et que nous n’avons pas d’eau pour démarrer la récolte ! Inversement de la tendance au mieux mi-juin et donc sel au mieux mi-juillet … C’est ainsi »


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Les céréales et légumineuses

Pascal et Claire Garros

Ferme de la Basse Cour (28)

Des céréaliers beaucerons en bio

La ferme de la Basse Cour, sur le hameau d’Arnouville, commune de Gommerville, est au cœur de la région naturelle de Beauce. Claire et Pascal Garros y cultivent des céréales, des légumes de plein champ et des plantes aromatiques en agriculture biologique, en circuit long, sur 174 hectares.

Pascal Garros s’installe en 1979 avec ses parents sur la ferme familiale puis reprend la ferme en 1991. En 1998, il amorce une conversion progressive à l’agriculture biologique et abandonne notamment la production de betterave sucrière si typique de la région. La conversion est achevée en 2011. Avec des rotations sur 7/8 ans, il introduit entre deux plantations de blé, de nouvelles cultures comme la luzerne, le soja, le lin, les féveroles, les plantes aromatiques, les lentilles, l’avoine, le triticale…

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Depuis 2009, la ferme devient un lieu de distribution hebdomadaire de légumes bio produits par Damien Leroy, maraîcher de Lhopiteau-Voves et de ventes d’autres produits locaux (pain, confitures, œufs, volailles etc). Claire et Pascal plantent également un verger en 2009 et démarrent un rucher en 2011. En juin 2017, ils proposent à Olivier de s’installer comme paysan boulanger et ils le soutiennent dans l’achat de son matériel.

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Claire, architecte de formation, oeuvre en faveur de la diversité tant naturelle que culturelle. Avec eux deux, la ferme est un subtil mélange entre culture biologique et culture artistique, alliant le respect de l’environnement et l’ouverture d’esprit à l’expression artistique contemporaine. Ils organisent depuis 2004 “Prise de terre”, une biennale d’art contemporain. L’accueil en résidence permet aux artistes de concevoir leurs œuvres sur place et de s’inspirer de la réalité de cette ferme atypique en Beauce. Ils proposent également un accueil touristique en chambres d’hôtes. Aujourd’hui, ils sont 4 à travailler sur la ferme, ils accueillent aussi stagiaires et wwoofers.

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En mai 2018, ils ont accueilli le Printemps d’InPACT, rasssemblement festif sur 3 jours organisés par dix structures de l’agriculture citoyenne et territoriale avec conférences, concerts, spectacles, expositions, visites de ferme, village des associations …

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Ces OGM cachés qui finissent dans nos assiettes : la Confédération Paysanne et d’autres associations dénoncent la commercialisation de colza OGM par BASF-France.

 

Lettre ouverte aux dirigeants de BASF France

Mesdames, Messieurs,

BASF France 49 avenue Georges Pompidou 92300 Levallois Perret

Paris, le 3 mai 2018

Depuis plus de dix ans, votre entreprise BASF commercialise des colzas Clearfield tolérant les herbicides à base d’imidazolinone. La culture de ces colzas sur plus de 20 000 hectares en France suscite l’inquiétude de nombreux agriculteurs, citoyens et utilisateurs des espaces naturels français car elle génère de nombreux risques avérés pour l’environnement et les autres cultures agricoles.

Comment en effet empêcher la diffusion du gêne de résistance à cet herbicide dans les autres systèmes de culture et la contamination des espèces sauvages apparentées comme les ravenelles, via les flux de pollen et les pertes importantes de graines de colza lors des récoltes et des transports ?

Lors des demandes d’enregistrement au catalogue conditionnant la mise en marché de ces variétés, vous n’avez pas indiqué qu’il s’agissait d’Organismes Génétiquement Modifiés et vous n’avez donc pas été soumis aux procédures légales d’évaluation, d’étiquetage et de traçabilité prévues par les directives européennes et les lois françaises concernant les OGM.

Aucun document officiel français ou européen ne donne la moindre information sur les procédés de modification génétique que vous avez utilisés pour obtenir ces variétés de colza. Par contre, vous avez indiqué avoir eu recours à la mutagenèse lors de votre demande d’inscription à l’Agence canadienne d’inspection des aliments, laquelle exige plus d’informations que les autorités européennes. Cette technique de modification génétique est exclue du champ d’application de la directive européenne sur les OGM. Cela vous permet d’affirmer que vous respectez la légalité en commercialisant les colzas Clearfield sans leur appliquer la réglementation européenne concernant les OGM.

Or diverses publications, signées entre autres par des chercheurs de votre entreprise, indiquent que les colzas Clearfield sont tous issus de mutants obtenus par «culture de microspores». Il s’agit de multiplication in vitro de cellules de pollen directement transformées en embryons puis en plantes en l’absence de toute fécondation. Cette reproduction de plantes de colza par simple multiplication de cellules germinales mâles ne se produit pas naturellement. Ce procédé de modification génétique n’est pas considéré par la réglementation européenne 2001/18 comme ne produisant pas d’OGM. Il n’est pas non plus exclu de son champ d’application. Les colzas qui sont issus de cette technique devraient donc être impérativement soumis à cette réglementation.

Ce procédé ne supprime pas les risques :

– d’atteinte irréversible à la biodiversité par transfert de gènes modifiés de tolérance aux herbicides aux nombreuses plantes cultivées ou sauvages pouvant se croiser avec le colza,

– de multiplication dans les cultures de « mauvaises herbes » et de repousses de colzas tolérants l’imidazoline et d’autres herbicides de la famille des inhibiteurs de l’ALS,

– d’augmentation des quantités et de la toxicité des herbicides utilisés pour les combattre, aux frais des agriculteurs qui sont de plus souvent obligés de transformer leurs pratiques au niveau de l’ensemble de leur système de culture.

Ces risques ont justifié, il y a quelques années, sans aucune controverse, l’interdiction française puis européenne de toute culture de colza transgénique tolérant le glyphosate. Vos variétés de colza Clearfield génèrent ce même type de risque.

C’est pourquoi, par cette lettre ouverte, nous vous demandons d’indiquer publiquement :

 

  • -par quels procédés ont été obtenus les colzas Clearfield que vous commercialisez ?
  • si vous avez eu recours à la culture de microspores, pour quelle raison ne l’avez-vous pas déclaré lors des demandes d’autorisation de mise en marché ?
  • Pour quelle raison n’avez-vous pas appliqué les obligations imposées par la réglementation européenne concernant les OGM ?
  • quelles mesures préconisez-vous pour maîtriser les risques que génère toute culture de colza tolérant des herbicides ?

Nous serions heureux de pouvoir vous rencontrer pour en débattre. Dans l’attente, veuillez agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de nos salutations distinguées.

Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération Paysanne

Sylviane Gauthier, Consommateurs pas cobayes
Esther Billaud, CSFV49
Daniel Evain, Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique

Eliane Anglaret, Fédération Nature & Progrès

Hervé Le Meur, OGM dangers
Philippe Catinaud, Réseau Semences Paysannes

Dominique Cellier, Sciences Citoyennes
Alzin Frappin Vigilance OG2M
Jacky Berrahil, Vigilance OGM33
Michel Menant pour Vigilance OGM et pesticides 16

Jacques Testart, biologiste
José Bové, député européen

 

 

 


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8 /07 Les blés anciens d’Olivier et les champs de Pascal – Gommerville(28)

Pour fêter ses premiers mois de production de pain, Olivier, le boulanger partenaire de notre AMAP, a invité tous ses mangeurs de pain à la ferme de la Basse Cour. Au programme: visite des champs de blés anciens, dégustation de pain, déjeuner sous les arbres, rencontre avec d’autres mangeurs de pain pas forcément en AMAP, discussions, échange d’informations, projection d’un film et…. convivialité.

Nous sommes d’abord allés faire une visite dans les champs. Olivier nous a présenté la parcelle sur laquelle il mène des essais. Il a ainsi planté une vingtaine de blés anciens obtenus auprès de l’INRA et du réseau “Semences paysannes”. Les graines ont bien poussé. L’heure est maintenant venue d’étudier l’adaptation de ces céréales à la terre de Beauce et leur intérêt pour la boulangerie .

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Ensuite, Pascal, céréalier bio propriétaire de la ferme où est installé Olivier, nous a présenté les parcelles de céréales plus classiques qui fourniront la farine pour le pain qu’Olivier produira à la prochaine saison. Cultiver du blé biologique… pas si simple! Dans ce champ de blé, trois variétés de blés ont été plantées simultanément. Dans la mesure où le blé est très consommateur d’azote, il est nécessaire de faire une rotation des sols. La prochaine plantation de blé sur cette parcelle aura donc lieu dans 7 ans. Entre temps, de la luzerne, du quinoa, de l’épeautre, des lentilles ou encore des herbes aromatiques y seront plantés. Mais, quand on veut, on y arrive: voyez ce magnifique champ de blé!

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Ci-dessous, voici le champ de petit épeautre (ou engrain). Il s’agit d’une des céréales les plus anciennes cultivées par l’humanité. Pour les novices : l’épeautre est un type de céréales, alors que le blé en est une autre.

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Après un repas très sympathique, nous avons visionné le documentaire « Du grain au pain, cultivons la biodiversité » présentant une rencontre internationale de paysans boulangers,  boulangers, meuniers et chercheurs de 19 pays cherchant à perpétrer et à partager leurs connaissances et savoir-faire.

Avant de repartir, nous prenons le temps de faire quelques achats à la boutique tenue par Claire et Pascal. Entre autres, s’y trouvent leurs farines, leur quinoa et leurs lentilles.

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Maintenant une devinette : quelles différences y a-t-il entre un champ de blé conventionnel et un champ de blé bio? Saurez-vous les reconnaître?

Quels sont les différences entre ces deux champs?

Champ A photos 1 et 2 / Champ B photos 3 et 4 : lequel est bio? lequel n’est pas bio?

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ci-dessus photos 1 et 2

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Ci-dessus photos 3 et 4

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2/06/18 – Visites dans les fermes

Chez Pascal et Claire Garros, céréaliers et Olivier Lavielle, paysan-boulanger Le Fournil Le pain Commun –  Ferme de la Basse-Cour à Gommerville (28)

Chez Cindy et Nathan, aviculteurs – La Ferme de Beauce (28)

L’accueil du matin se fait au fournil situé dans la ferme de la Basse-cour avec brioche, confiture artisanale, beurre jaune “bouton d’or”, pains aux graines et au petit-épeautre, thé, café … le soleil, les rosiers en fleur et le cèdre de la cour.

Olivier nous explique à l’aide d’un moulin miniature à meule de pierre comment on meule le blé pour obtenir différentes farines. C’est ce type de moulin qu’il souhaite acquérir dès que sa formation sera terminée et qu’il en aura les moyens.

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Pascal nous raconte l’histoire de la ferme de la Basse-Cour avec ses 175 hectares céréaliers. Et les 20 années de transformation pour aller vers un modèle biologique et intégré au maximum dans le territoire de l’Eure et Loir.

Devant le champ expérimental où poussent les blés “anciens” avec lesquels Olivier espère faire des pains plus tard quand il aura multiplier les semences, petite leçon pour reconnaitre un champ de blé bio et un champ de blé conventionnel.

Journée de bonheur! on serait bien resté jusqu’au soir … ou plus, à voir puisqu’il y a des gîtes!

Chez Cindy et Nathan, Ferme de Beauce (28)

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Le bâtiment construit à quatre mains par Cindy et Nathan avance : de l’intérieur côté habitation, côté laboratoire et boutique et dehors la future terrasse. Impressionnant!

En route pour les poulaillers : un pour les poules pondeuses, cinq pour les poussins et poulets destinés à la vente en poulet de chair, un en période de vide sanitaire.IMG_2441IMG_2445IMG_2446IMG_2447IMG_2451IMG_2452


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